Mon intervention à l'assemblée concernant les langues régionales

Publié le par francoise Olivier-Coupeau

 

carte des langues régionales

En tant que présidente du groupe d'études sur les langues régionales, je me réjouis très sincèrement que ce débat ait été organisé par notre assemblée.
 
Il est largement temps, en effet, que la représentation nationale  puisse débattre sereinement de cette question. Nous devons tordre le cou aux idées préconçues afin de vaincre la frilosité de nos institutions et de convaincre le gouvernement qu’il convient de considérer notre revendication comme une source de richesse pour la Nation et non comme un menace pour la République ou la manifestation folklorique d'un combat d'arrière garde.
 


Néanmoins, permettez-moi cependant de déplorer la programmation d’un débat d’une telle importance un 7 mai en fin de journée, à la veille de commémorations nécessitant la présence des parlementaires dans leur circonscription.

 

 

Depuis des dizaines d'années, les organismes internationaux et européens (parlement européen, conseil de l'Europe, conférences sur la sécurité et la coopération en Europe, les Nations Unies, l'Unesco), n'ont cessé de développer une approche patrimoniale, qui valorise la langue et la culture comme un élément du patrimoine de l’humanité à préserver et à développer.
 L’interculturel et le plurilinguisme sont internationalement considérés comme une richesse, comme un trésor qu’il faut faire vivre et progresser. Lire la suite...



Langues régionales
Nos 75 langues régionales sont-elles constitutives de notre patrimoine culturel national?
Oui, sans aucun doute
Oui surtout dans un contexte de globalisation
Non pas vraiment
Faut-il encourager leur pratique?
Oui
Non

Résultats

Publié dans Culture

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J
Nihao Solene,Pour jouer au bille avec un chinois et un japonais, vaut mieux passer par l'anglais. Est ce une raison pour ne plus parler français? Langues et cultures sont liées.Je crois qu'il est aussi important pour l'enfant basque, le breton, et tous les autres de construire leurs identités.Le chinois parlé à Pekin n'est pas tout à fait le même que celui parlé à Canton.Sans doute, si nous le parlons, nous allons bientôt plus jouer aux billes en Hindi qu'en Japonais et Chinois. Nous sommes différents et notre monde bouge vite. Avoir une identité est de ce fait très important.Respecter la culture la promouvoir est facteur de solidarité. Comprendre nos différences c'est apprendre à vivre ensemble.C'est justement dans cet esprit de tolérance que s'inscrit la charte européenne des langues régionales.
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G
J'imagine qu'ils parlent français! Donc, je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de gênant à ce qu'ils parlent une autre langue EN PLUS! Pour ma part, je n'ai pas de complexe de ce côté, je suis multiappartenant, j'appartiens à deux peuples: breton et français!Puisque vous parlez d'utilitarisme, j'attire votre attention sur le fait qu'il est probable que la raréfaction des ressources énergétiques fassent qu'il sera difficile dans les décades à venir d'aller en Chine. Quel intérêt donc d'apprendre cette langue dans cette logique? Pour ma part, je fréquente plus de gallois ou de marocains que de chinois! On peut également parler breton et être doué en informatique! Je crois que ces arguments ne tiennent pas. Je ne demande pas le breton obligatoire, mais d'avoir la possibilité de l'apprendre. Or, aujourd'hui, il fautr être vraiment courageux (surtout pour un adulte) pour apprendre le breton. Cela nécessite des sacrifices parfois difficiles (temps, argent). J'attends donc de l'Etat qu'il donne les moyens aux individus de s'initier aux langues, de même que j'attends de l'Etat qu'il ne privilégie pas les maths au détriment de l'Histoire, les sciences au détriment de la Littérature...Bref, je ne vais pas dire qu'il n'y a pas d'intolérances chez certains militants culturels, mais qui est le plus fermé entre quelqu'un qui demande le CHOIX et quelqu'un qui impose une langue unique qui serait le français?Quelques réflexions que je laisse à votre jugement...CordialementGael.
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S
Bonjour,Bien que Bretonne "pur jus", je ne suis pas du tout favorable à une charte des langues régionales, car je pense que c'est un facteur de division entre les peuples, et même à l'intérieur des peuples...J'ai  participé à un blog sur ce sujet dans un journal régional (Ouest-France pour ne pas le citer) et j'ai été effrayée de la violence des propos qui y étaient tenus, et de l'intolérance (pour ne pas dire le fanatisme) de certains intervenants. J'avais donné un exemple : j'ai une amie qui a 3 petis enfants : l'un vit à Lorient et va à l'Ecole Diwan, l'autre vit à Montpellier et apprend l'Occitan.Le troisième vit äu Pays Basque et apprend le basque. Devinez en quelle langue ils parlent en jouant aux billes ?Mon père parlait breton, je connais des expressions que je trouve très parlantes et savoureuses(surtout les gros mots..) et que j'utilise , je m'intéresse à la toponymie et à l'histoire bretonne, etc..mais je crois qu'actuellement, il vaut mieux que les enfants s'initient à l'informatique ,au Chinois ou au Japonais étant déjà sollicités par ailleurs. Kenavo quand même.Solene
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Y
Merci de votre intervention que j'ai suivi avec intérêt en direct.Il est évident qu'il faille modifier l'Article 2 de la Constitution et ratifier la Charte des Langues Régionales et Minoritaires.Comme je le supposait, ce gouvernement a trahi les promesses du candidat Nicolas...Légiférer certes, mais pour aller où ?En espérant que ce débat ne restera pas aux oubliettes de la République !Encore bravo.A bientôt sur LorientKénavoJPaul CHEVREL
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J
A la veille de la fête de l’Europe, voila un nouveau grief à
apporter à cette politique sarkozyste pro-américaine, anti droit de l’homme, et
peu soucieuse du respect de ses partenaires européens.
C’est en effet une occasion manquée pour la France d’apporter sa pierre
à la construction d’une Europe fondée sur le pluralisme et la diversité
culturelle.
Cette charte est facteur de paix, de justice, et de
stabilité.
 Nous ne sommes ainsi pas capables de porter la vision d’une
société fondée sur la tolérance et le respect mutuel de nos différances.
L’argument caricatural repris par Christine Albanel d’une
mise en œuvre trop coûteuse et complexe de la charte ne tient pas parce que de
nombreux autres pays l’on ratifiée, parce que le rapport explicatif fait
mention de la possibilité qu’ont les Etats de contracter les nouveaux
engagements au fur et à mesure que leur situation financière le leur permet, et
enfin parce que l’application de la charte est envisagée de manière pragmatique,
évolutive. Elle  permet des mises en place
adaptées aux situations locales.
 S’il ne faut pas négliger les efforts à accomplir pour voir
s’appliquer la charte, celle-ci est porteuse de dynamisme et d’espoir.
 Mais nous savons que ce gouvernement à d’autres priorités qui ne
sont pas celle des solidarités nationales.
Nous priver de la sorte de l’opportunité de rejoindre enfin
la majorité de nos partenaires européens, mégoter sur un tel engagement devient
une faute politique dont ce gouvernement est une nouvelle fois redevable au
générations futures.
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