Mon intervention du jeudi 26 juin relative au "livre blanc de la défense"

Publié le par francoise Olivier-Coupeau

Monsieur le Président, Madame la Ministre, chers collègues, l'un des principaux  reproches que l'on peut faire à la réforme que vous envisagez, c'est son impréparation.
 Je vais illustrer mon propos à partir de l'exemple de la composante navale et des frégates multi missions en particulier. Vous le savez, monsieur le Ministre, le parc des frégates de 1er rang est vieillissant, si nous n'injectons rapidement de nouveaux bâtiments, la marine aura du mal à tenir son  contrat opérationnel, ainsi que les postures et capacités de mobilisation dont la nécessité est présentée dans le livre blanc. En clair, comment la marine pourra-t-elle tenir le rôle fondamental qui lui est imparti pour notre défense, si l'on ne lui donne pas les moyens de son  action ?


Ces moyens, il faut les financer, et c'est ma deuxième inquiétude. Vous avez lancé le programme FREMM sans en avoir stabilisé le financement. Certains avaient proposé un financement innovant incluant un appel à capitaux privés. Vous n'y avez pas souscrit, préférant un montage financier baroque comme l'a dit mon collège Cazeneuve et extrêmement fragile, basé sur la règle des treize dix neuvièmes. Or, si 6 dix neuvièmes sont inscrits dans l'enveloppe du ministère de la Défense, 13 dix neuvième n'ont été inscrits ni dans la loi de finances rectificative 2007, ni dans la loi de finance initiale 2008 ... 13/19eme du programme restent à financer !!!


Troisième interrogation : concernant les FREMM, vous nous avez dit, en novembre dernier vos espérances quant à la capacité d'exportation des frégates, nous nous en réjouissons avec vous. Malheureusement, notre enthousiasme est parfois tempéré par de mauvaises nouvelles. Ainsi, cette annonce qui date d'hier dans « Intelligence on line » et qui met un terme à notre espérance de vendre 4 corvettes Gowind à la Bulgarie.
La potentialité d'exportation est trop aléatoire et nous ne pouvons nous permettre de mettre notre tissu industriel en péril à cause de considérations politiques par trop optimistes.


 
Ce que nous risquons aujourd'hui, monsieur le ministre, c'est non seulement de priver notre marine des bateaux qui lui sont indispensables, mais aussi de mettre en péril notre base industrielle et technologique et de voir se disperser les savoir-faire et les équipages qui nous seront ultérieurement nécessaires. 

Concernant notre industrie navale, j'aimerais savoir si l'État, son actionnaire principal, va exiger de DCNS le même résultat économique en dépit de la réduction des commandes ou s'il va renégocier le contrat d'entreprise qui le lie à DCNS ? 

Monsieur le Ministre, nous manquons de visibilité, nous sommes dans le flou le plus complet à propos de l'arbitrage des programmes marines issu du livre blanc. Combien de bâtiments seront commandés ? A quel rythme ? Quel sera l'impact sur les établissements ? Sur les sous-traitants  ?Quelle organisation industrielle sera mise en oeuvre, quelles alliances ? Y aura-t-il nécessité d'un plan social ? 


Les inquiétudes sont vives, tant chez les personnels civils que militaires, c'est pourquoi je vous saurais gré, monsieur le Ministre de répondre le plus précisément à mes questions courtes et concrètes.

Livre blanc de la Défense
Que pensez-vous du livre blanc de la défense?
Il sagit d'une erreur
Il comprend des orientations inéluctables
Nous passons à côté d'une réforme de qualité
J'y suis plutôt favorable

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Publié dans Défense nationale

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G
Dans l'interview de ouset-France vous semblez ne pas avoir de grandes craintes concernant lann bihoué et les Fusiliers Marins, pour ces derniers je pense effectivement qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter par contre pour Lann Bihoué je ne pense pas que la situation en reste à celle d'aujourd'hui mais je crains une augmentation des mouvements et en conséquence des nuisances sonores ainsi qu'une pollution accrues sans compter les risques concernant la sécurité. J'aurais apprécié que votre intervention en fasse état.
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