Mon intervention relative au Projet de loi en faveur des revenus du travail

Publié le par francoise Olivier-Coupeau

Projet de loi en faveur des revenus du travail

2ème séance du 23 septembre 2008

 

M. le président. La parole est à Mme Françoise Olivier-Coupeau


Mme Françoise Olivier-Coupeau : L’article 1er propose un crédit d’impôt en faveur de l’intéressement.
 Comme cela a été dit, ce crédit d’impôt profitera au plus à huit millions de salariés, quasiment tous cadres. Cela prouve que le Gouvernement a au moins pris conscience du fait que les cadres souffrent eux aussi d’une baisse du pouvoir d’achat.

 

Dans notre pays – et c’est très inquiétant –, il n’y aura bientôt plus de classe moyenne. J’en veux pour preuve les jeunes diplômés, qui, même à bac plus cinq ou plus six, ont beaucoup de difficultés à trouver du travail, débutent dans le meilleur des cas avec un salaire de 1 300 euros, souvent après deux ans de recherche d’emploi.

Je vous assure, monsieur le ministre, que la première chose qu’ils font n’est pas de négocier leur intéressement ! Ceux-là également seront exclus de ce que vous proposez.


Quid
des autres ? Vous me répondrez certainement qu’ils n’ont qu’à travailler plus pour gagner plus, et faire des heures supplémentaires. Or, je ne connais pas une entreprise où les heures supplémentaires soient conçues en fonction des besoins des salariés en termes de pouvoir d’achat.


Je ne connais pas une entreprise dans laquelle l’employé dise à son patron qu’il a besoin d’une nouvelle voiture, d’une machine à laver ou tout simplement de nourrir ses enfants et obtienne de faire des heures supplémentaires.


Ce texte prend le problème dans le mauvais sens.
Comme l’ont dit plusieurs de mes collègues, il aurait mieux valu commencer par augmenter le SMIC et donner à nos concitoyens les moyens de vivre et non simplement de survivre !

 

L'article 1 du projet en faveur des revenus du travail accorde un crédit d'impôt  aux entreprises, égal à 20 % des sommes nouvelles qu'elles versent au titre de l'intéressement. Cette mesure ne concerne que les salariés des entreprises où il y a un accord d'intéressement. Elle pousse les entreprises à substituer aux salaires qui ouvrent droit à la protection sociale et aux retraites, des rémunérations aléatoires et variables sans droits sociaux. Les entreprises vont être incitées à reporter, voire à renoncer à des augmentations de salaires au profit du versement de primes non soumises à cotisations sociales.

Publié dans Economie-Emploi

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