Afghanistan. Une députée bretonne témoigne

Publié le par francoise Olivier-Coupeau

De retour d'une mission de trois jours en Afghanistan et alors que le 3è RIMA part pour ce pays en guerre, la députée Françoise Olivier-Coupeau revient sur l'engagement de la France dans un pays en reconstruction malgré la guerre intérieure.
 
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À quel titre êtes-vous partie en Afghanistan?

Françoise Olivier-Coupeau: Je me suis rendue sur le théâtre des opérations françaises en tant que rapporteur, pour la commission de la Défense, sur le financement des opérations extérieures de la France. Je m'étais rendue précédemment au Kosovo et au Liban. Le rapport devrait être publié fin juin dans le cadre de la mission d'évaluation des fonds publics.

Et quels sont les moyens mis en oeuvre par la France?
Notre pays est la quatrième force contributive de la coalition. La France a déployé 2.900 hommes sur un total de 58.000.

Qu'elle est la place de la France dans cette force internationale?
La France a plus sa place dans des missions d'assistance, de sécurisation et de développement du pays. Elle ne doit pas être une simple force supplétive des Américains.

Les forces françaises ont-elles une feuille de route particulière?
Elles doivent «Afghaniser» le pays. C'est-à-dire donner au pays les moyens de son développement à travers des élections démocratiques, des institutions qui fonctionnent, des écoles ouvertes à tous, une police efficace... Mais les critères ne sont pas clairement établis par le gouvernement. Il n'y a aucune visibilité ni calendrier. J'ai l'impression que la France s'installe. Lors de ma première visite en septembre2008, les militaires étaient installés sous des tentes. Aujourd'hui, ils bénéficient de constructions en dur, plus sûres et plus confortables. C'est aussi le signe d'un conflit qui va durer.

Et l'Europe parle-t-elle d'une même voix?
L'Europe est totalement absente du terrain. Là-bas, il y a l'Otan, les États-Unis et les autres nations. Il n'y a pas de politique européenne étrangère, ni de politique de défense.

Cette absence d'unité ne participe-t-elle pas à la relative indifférence des électeurs pour le scrutin européen?
Cela n'aide pas à la compréhension. Mais ce n'est pas le seul facteur. La campagne très discrète en France est aussi une raison. Mais cela arrange l'UMP. En retardant la campagne, on retarde le débat sur les problèmes nationaux.

Ce repli national ne participe pas non plus au débat sur l'Europe.
Je le regrette. Il faut que l'on parle de l'Europe. Je le fais à mon niveau en organisant des débats sur Lorient. Après la politique européenne sur la pêche, j'organise un autre débat le 28mai sur la fiscalité et les paradis fiscaux avec Arnaud Montebourg.

Après vos deux premières années de mandat, quel regard portez-vous sur la fonction?
Aujourd'hui, j'ai appris le métier! Et j'ai gardé le même enthousiasme des débuts et aussi la même indignation. Je suis très remontée contre le peu de cas que font le Président de la République et le gouvernement à l'égard du Parlement.

Quels sont vos objectifs?
Je continue à m'investir pleinement dans le domaine de la Défense nationale. Je me bats notamment contre l'article10 de la Loi de programmation militaire qui conduit purement et simplement à la privatisation de DCNS. Je souhaite aussi faire plus pour le handicap et les personnes âgées. Autant de personnes encore plus fragilisées par la crise. Je reste investie sur la question des langues régionales et la réunification de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Publié dans Défense nationale

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