Diminution des aides au logement : les locataires paient la facture de l’Etat. - 29 September 2010 -

Publié le par Francoise Olivier-Coupeau

COMMUNIQUE DU GROUPE SOCIALISTE, RADICAL ET CITOYEN
A L'ASSEMBLEE NATIONALE

 


Jean-Yves Le Bouillonnec, vice-président chargé du logement

 


Pour camoufler la baisse sensible des aides à la pierre, le Gouvernement organise une ponction sur les organismes Hlm de 340 millions par an, sous la forme d’un prélèvement de 2% sur les loyers versés par les locataires à leurs bailleurs sociaux soit une taxe de 80 euros par an et par locataire.

Les députés socialistes dénoncent ce prélèvement sur les pauvres qui sert à financer les pauvres. Cet argent est en effet directement pris dans les poches des locataires.
Ce prélèvement, qui viendra se substituer aux financements de l'Etat pour le logement social, annonce le désengagement total de celui-ci de la construction et de la réhabilitation du logement social en France. Ainsi, le modèle fondé sur le rôle redistributif de l'État, garant de la solidarité nationale, est progressivement remplacé par un modèle injuste basé sur le financement, par les ménages les plus modestes, des aides qui leur sont destinées.

Cette mesure rendra plus difficile encore la poursuite des actions engagées par le mouvement Hlm en faveur de la construction de nouveaux logements, de la rénovation urbaine et de la réhabilitation du parc existant. 340 millions d’euros par an, c’est 20 000 logements locatifs en moins sur les 100 000 que les organismes ont prévus de financer.

Une mesure de privation pour les ménages de 3 mois d’aides au logement :


Le Congrès Hlm s’est tenu dans un climat tendu, lourd des menaces sur le logement social. Et pourtant, ultime provocation le Gouvernement n’a pas hésité à proposer dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale la suppression du caractère rétroactif du versement des aides au logement.

Pour économiser 240 M€, le Gouvernement entend donc en pratique priver les ménages jusqu’à 3 mois d’aides au logement, dès leur entrée dans le logement, prenant ainsi le risque de précariser encore davantage les plus modestes.

Cette mesure d’économie aura un impact très lourd sur des milliers de familles, de retraités, de chômeurs, d’étudiants… dans le parc privé comme dans le parc social. Le manque à gagner pour le budget des ménages sera souvent très difficile à combler s’il ne leur interdit pas d’emblée l’accès au logement.

L’aide au logement est souvent essentielle dans la solvabilisation des ménages les plus modestes. Pour eux, cette perte de plusieurs mois d’aides sera impossible à compenser.
Le Gouvernement favorise ainsi l’endettement des plus précaires, dès leur entrée dans le logement, fragilisant également les budgets des bailleurs sociaux et des associations faisant de l’intermédiation locative et le travail qu’ils accomplissent tous les jours pour accompagner les familles en grande difficulté.

30/09/10

Publié dans Economique et social

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