Conseil Européen : des questions en suspens

Publié le par Francoise Olivier-Coupeau

europe.jpgLes 10 et 11 décembre prochains aura lieu le prochain Conseil Européen, qui reviendra une nouvelle fois sur les difficultés budgétaires de certains états et la crise de l’euro. Le Groupe SRC a auditionné l’économiste Daniel Cohen sur ce sujet mercredi matin, avant que Christophe Caresche n’explique les attentes socialistes en séance l’après-midi

 

Les députés SRC avaient soutenu le principe d'un fonds de stabilisation européen qui vienne en aide aux pays confrontés à des situations d'endettement. Après la Grèce, c’est aujourd’hui à l’Irlande d’en profiter.  Le  Conseil Européen d’octobre a acté sa pérennité jusqu’à après 2013. Mais il reste à en définir les conditions, comme l’obligation ou non de restructuration de la dette qui y serait liée. C’est tout l’enjeu du prochain Conseil Européen, qui verra sûrement s’esquisser un compromis entre la France et l’Allemagne.
Mais le problème structurel ne sera pas réglé pour autant. Car on assiste à une vraie crise de l’Europe, et pas seulement de l’euro.  Subsistent donc des interrogations, régulièrement relayées par les socialistes européens. Doit-on mutualiser la dette au niveau de l’Europe ? La BCE peut-elle jouer un rôle plus actif ? Peut-on coordonner les politiques publiques pour redonner une perspective de croissance à la zone euro ? Christophe Caresche est intervenu en séance mercredi après-midi pour le groupe SRC (lire).

Pour approfondir ces questions, le Groupe avait auditionné mercredi matin Daniel Cohen, membre du Conseil d’Analyse Economique. Pour lui, il s’agit d’une crise encre plus grave que celle de 1929. Il y voir le résultat d’une panique, d’une crise auto-réalisatrice venue des marchés financiers. A partir du moment où ceux-ci croient la faillite d’un état possible, ils augmentent les taux d’intérêt de manière déraisonnable. On assiste donc à des situations paradoxales où la Grèce doit emprunter à 6% alors même que les taux directeurs sont très bas et que le gouvernement de Papandréou demande des efforts considérables à sa population ! Dès lors, lâcher des états en difficulté reviendrait à donner quitus aux marchés financiers irrationnels et serait une grave faute politique. Daniel Cohen met en garde contre une mise en faillite systématique qui sonnerait comme un abandon ou une punition pour les états concernés.

L’économiste propose des pistes de solution. L’euro peut survivre si les taux d’intérêt reviennent dans une bande de fluctuation donnée. Comme les états ne peuvent plus dévaluer, la contrepartie doit être la stabilité financière. Ceux qui sortiraient de cette bande fluctuation auraient accès à des lignes de crédit bon marché proposées par les partenaires européens, le temps de faire les ajustements nécessaires. Des idées qui ont recueilli l’assentiment des députés socialistes.

Publié dans International

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