Les enfants de Françoise Olivier-Coupeau lui rendent hommage lors de la cérémonie civile à la Mairie de Lorient

Publié le par Francoise Olivier-Coupeau

Hommage de Philippe 


Toutes les batailles de la vie nous enseignent quelque chose, même celles que nous perdons. Au-delà des difficultés, au-delà des souffrances, le combat que notre mère a mené contre la maladie, depuis de nombreuses années, nous a appris l’importance que revêtent chaque moment de la vie.  La lutte n’en demeurait pas moins profondément injuste et inégale.

Nous avons ainsi pu comprendre combien notre existence peut être fragile, ce qui nous impose de donner un sens profond à nos valeurs, au-delà de la pure apparence.

Quelles que furent ses activités, ses fonctions, notre mère avait constamment pour but d’aider l’autre, elle ne voyait en chacun que le meilleur. De Lorient à Kaboul, elle incarnait partout avec fierté les valeurs de la République, mais au-delà de la personne que vous connaissiez, elle était croyait moi, une mère exceptionnelle.

Pas un instant elle n’était de loin de nous, pas un instant elle n’oubliait d’avoir une pensée ou une action bienveillante à notre égard. Ses coups de téléphones, où nous refaisions le monde comme si nous allions nous quitter pour 30 ans, ses conseils, ses marques permanentes de tendresse, me manquent  aujourd’hui cruellement. Néanmoins, j’en suis persuadé, pour le vivre personnellement, elle reste en chacun d’entre nous. Pour tous ceux qui l’ont connue, côtoyée, approchée, elle a laissé un mot, un regard, un sourire, qui nous réconfortent aujourd’hui.

Elle incarnait cette joie de vivre, cet humanisme, cette beauté spirituelle que j’essaierai, que nous essaierons de porter à l’avenir. Maman mérite mieux que notre simple chagrin.

Ainsi, au-delà de la peine légitime, nous nous relèverons car nous le lui devons. J’ai ici une pensée particulière pour les personnes atteintes par la maladie, leur rappelant que la mémoire de notre mère exige qu’ils continuent la lutte.

J’ai une autre pensée pour tous ceux auxquels elle a tendu la main, les plus vulnérables, les plus en difficultés, pour qu’ils sachent qu’ils ne seront jamais seuls.

La vie a encore de belles choses à nous promettre, nous offrira de nombreux bonheurs et de nouveaux défis.

Dans tous ces moments, j’en suis persuadé, Maman sera là, présente aux côtés de chacun de ceux qui lui étaient chers, comme elle l’a toujours été. Je remercie une fois de plus chaleureusement en son nom et aux noms des miens, tous ceux qui l’ont soutenue au cours de cette épreuve, où qui nous soutiennent aujourd’hui avec sincérité.

Pour toi Maman, pour Papa, pour Antoine, pour Mamick et Papick, pour Yann et Fabienne, pour Manon et Nathan, et pour tous les autres, nous nous reconstruirons, et nous mènerons la plus belle vie possible, afin que tu puisses te réjouir des valeurs que tu nous as insufflées et être fière de nous.

Nous sommes aujourd’hui réunis pour célébrer la mémoire d’une grande dame, d’une personne exceptionnelle qui nous a tout apporté, mais c’est promis, nous ne pleurerons pas celle que nous avons perdue, mais nous nous réjouirons de l’avoir connue. 

 

Hommage d'Antoine

 

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Il n’est pas facile pour moi, comme vous vous en doutez, de m’exprimer en une telle occasion, devant une telle assemblée.

Car celle dont on ressent la perte de Kaboul à Groix, celle que tant de personnes illustres, tant d’anonymes ont saluée avec émotion, celle dont nous sommes venus honorer la mémoire, Celle-là était ma mère.

Un fils, qui a encore devant lui le temps du deuil, se sent un peu désorienté de voir sa peine si largement partagée. Car nous sommes nombreux ce matin, famille, amis, collègue, proches, militaires, militants, humbles anonymes.

En privé ou en public, pour la durée d’une vie ou de quelques minutes, elle nous a touchés. Elle nous a permis de parcourir un bout de chemin avec elle, et c’est ce qui nous rassemble tous ici.

Elle nous a permis de partager le chemin d’une grande dame, une expression qui semble naturelle à tous ceux qui l’ont connue.

Elle a mené de nombreux combats, soutenu de nombreuses causes, sans ménager sa santé ou sa peine.

Elle s’est battue pour ses idées avec une chaleur et une conviction que n’entachaient jamais le calcul et le cynisme.

Elle s’est également tenue aux côtés de tous ceux qui avaient besoin  d’elle, les faibles, les humbles, mais aussi tous ceux qui se battaient pour une juste cause.

Une grande dame, donc, mais aussi une femme simple.

Nous nous rappelons tous de son sourire, de sa franchise, et de son énorme capacité d’écoute. Elle ne s’est jamais éloigné des gens, ni du Pays de Lorient, qui lui a donné de si belles années.

Quand elle se rendait à Port-Louis, elle ne déplaçait pas une armée, elle prenait le « batobus » et je pourrais nommer quelques adresses lorientaises qu’elle préférait aux plus hauts lieux parisiens…

Elle nous laisse donc un sourire, une chaleur, et une certaine idée de l’engagement.

Elle nous laisse la certitude que la vie est courte, et qu’il ne faut pas remettre le bonheur à demain.

Elle nous laisse le devoir de poursuivre ses combats, de conserver et de faire croître la flamme qu’elle portait.

Elle laisse aussi trois hommes un peu perdus…

En son nom, au nom de sa famille et de ses proches, je vous remercie d’être venus.

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